Photo de couverture : Oliver Bearman traverse le Melbourne Walk pendant le Grand Prix d’Australie, le 6 mars 2026. Photo d’archive ; elle ne montre pas les essais de Bakou. © Yu Chu Chin / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0. Recadrage central fidèle au format 16:9, redimensionnement, retrait des métadonnées et compression WebP ; photographie et version dérivée diffusées sous CC BY-SA 4.0.
La très longue ligne droite de Bakou va pousser les F1 2026 à concentrer leur énergie électrique sur quelques zones, au prix d’écarts de puissance et de vitesse que les pilotes jugent particulièrement déroutants.
Le circuit urbain d’Azerbaïdjan n’est pas seulement une épreuve de faible appui. Son enchaînement de courtes accélérations dans la vieille ville, puis sa section de plus de deux kilomètres parcourue à pleine charge, oblige les logiciels de gestion à choisir où les 350 kW du MGU-K sont les plus rentables. Oliver Bearman, Pierre Gasly, Fernando Alonso et Gabriel Bortoleto ont décrit un défi qui mêle performance, repères de pilotage et sécurité.
Une pédale, plusieurs réponses
Bearman s’attend à une différence très marquée entre les sorties de virage. L’énergie sera largement réservée aux accélérations menant aux virages 1 et 3 ainsi qu’à la grande ligne droite. Sur les courtes portions du secteur central, la composante électrique pourra être nettement réduite afin de ne pas épuiser la batterie là où son apport ferait gagner moins de temps.
Le résultat est inhabituel pour le pilote : une même ouverture de l’accélérateur ne produit pas partout la même poussée. La voiture peut délivrer sa puissance maximale à la sortie d’un virage, puis offrir une réponse bien plus faible quelques secondes plus tard. Bearman insiste sur le caractère nouveau de cette sensation avec la génération 2026.
Ce changement ne se résume pas à un bouton que le pilote actionnerait à chaque sortie de courbe. Les cartes moteur et les stratégies logicielles organisent l’essentiel du déploiement. Le pilote continue d’accélérer, de freiner et de diriger ; il doit surtout adapter ses repères à une réponse qui varie selon la zone du tour et l’état de charge.
Arriver sur le boulevard avec une batterie pleine
Gasly résume l’objectif de performance : aborder la ligne droite principale avec une réserve électrique aussi proche que possible de son maximum. Un déficit ne coûterait pas seulement quelques dizaines de mètres. La réduction de puissance, souvent appelée clipping, commencerait plus tôt et se prolongerait sur une distance assez longue pour creuser un écart important.
Le règlement 2026 donne au groupe propulseur thermique environ 400 kW et au MGU-K jusqu’à 350 kW. Cette répartition proche de moitié-moitié renforce l’effet visible de la gestion électrique. La récupération s’effectue au freinage, à charge partielle et dans les phases prévues par le règlement ; elle doit ensuite être distribuée sur le tour sans dépasser l’enveloppe autorisée.



