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McLaren met à nu sa faiblesse de vitesse : trois chantiers derrière l’échec de Bakou

par F1 News · 27 septembre 2026
McLaren met à nu sa faiblesse de vitesse : trois chantiers derrière l’échec de Bakou

Photo d’archive : Lando Norris au volant de la McLaren MCL39 pendant les EL1 du Grand Prix du Japon, le 4 avril 2025 ; elle ne montre ni la MCL40 2026 ni la course de Bakou. © Liauzh / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0. Recadrage central fidèle, redimensionnement et compression WebP ; aucune retouche du sujet. Version dérivée distribuée sous la même licence.

Andrea Stella a identifié trois causes au déficit de vitesse qui a condamné McLaren à défendre pendant presque tout le Grand Prix d’Azerbaïdjan : trop de traînée, des rapports de transmission à réexaminer et une unité de puissance imparfaitement exploitée.

Le constat dépasse la mauvaise fortune d’un samedi sans point. Oscar Piastri a perdu un podium probable après un double blocage au premier virage, tandis que Lando Norris a été pris dans l’accrochage des deux Alpine. Mais avant ces incidents, les deux MCL40 passaient déjà davantage de temps à surveiller leurs rétroviseurs qu’à préparer des attaques.

McLaren avait pourtant qualifié Piastri troisième et Norris cinquième. La voiture pouvait produire un tour rapide, surtout dans les sections sinueuses, mais elle restait vulnérable sur les 2,2 kilomètres d’accélération qui mènent à la ligne de départ. La course a transformé cette faiblesse en contrainte permanente.

La traînée, premier étage du problème

Stella place d’abord l’aérodynamique au centre du diagnostic. La MCL40 génère trop de résistance à l’avancement pour atteindre une vitesse de pointe comparable à celle de ses principales rivales. À Bakou, ce coût est double : il limite les possibilités de dépassement et rend la défense plus difficile lorsqu’une voiture rivale bénéficie de l’aspiration.

Le compromis d’aileron ne suffit pas à expliquer l’écart. Retirer de l’appui à l’arrière peut réduire la traînée, mais la voiture perd alors de la stabilité au freinage et de la vitesse dans les virages. McLaren devait déjà composer avec un manque de performance dans les courbes lentes. Une configuration encore plus déchargée aurait pu déplacer le problème plutôt que le résoudre.

Le premier relais de Piastri illustre ce compromis. L’Australien a utilisé sa précision dans le secteur du château pour créer assez d’écart avant la grande ligne droite, puis il a placé sa voiture de manière à contenir les Red Bull. Cette défense a fonctionné, mais elle exigeait une exécution parfaite à chaque tour.

Des rapports de transmission à remettre en question

Le deuxième chantier cité par Stella concerne les rapports de transmission. Le directeur de McLaren ne dit pas qu’un rapport précis était erroné ; il veut vérifier si les choix retenus permettaient réellement d’exploiter la vitesse maximale demandée par un circuit aussi atypique.

Les rapports déterminent la manière dont le moteur délivre son effort jusqu’aux roues. Sur une accélération aussi longue, une voiture peut atteindre trop tôt une zone où elle ne gagne presque plus de vitesse, ou au contraire ne pas exploiter au mieux la puissance disponible. Le choix doit aussi fonctionner dans les relances lentes, nombreuses à Bakou.

Cette piste explique pourquoi Stella refuse d’attribuer tout le déficit au moteur. La vitesse en ligne droite résulte d’un système : traînée de la carrosserie, démultiplication, énergie électrique disponible et déploiement de la puissance se combinent. Une faiblesse modérée dans chacun de ces domaines peut produire un écart très visible au bout de la ligne droite.

Le moteur Mercedes n’a pas été exploité au maximum

Le troisième élément vient de la comparaison des données avec Mercedes. Stella estime que McLaren avait réussi à extraire l’essentiel de l’unité de puissance en qualifications, mais pas pendant la course. Le problème ne se résume donc pas à la puissance brute du moteur fourni par Mercedes.

Norris a subi un souci intermittent d’injection de carburant, déjà apparu pendant les qualifications. McLaren a également observé le phénomène occasionnellement sur la voiture de Piastri. À cela s’est ajouté un déploiement électrique insuffisamment régulier sur la monoplace du champion du monde.

Ces anomalies ne justifient pas à elles seules tout le recul de Norris. Stella a aussi relevé ses blocages de roues et plusieurs imprécisions de pilotage. Mais lorsque la voiture manque déjà de vitesse de pointe, la moindre erreur place immédiatement le pilote dans la zone d’attaque de ses poursuivants.

L’évolution fonctionne, sans guérir la faiblesse structurelle

Le résultat ne condamne pas les nouvelles pièces introduites à Bakou. D’après les données de McLaren, le package destiné notamment à améliorer les virages lents a produit le gain attendu. L’équipe ne voit pas d’anomalie dans son fonctionnement et pense pouvoir en tirer davantage sur des tracés moins extrêmes.

La nuance est importante : une évolution peut apporter du temps au tour sans corriger le principal point faible du week-end. À Bakou, le bénéfice dans les virages ne compensait pas totalement la traînée ni les difficultés de déploiement sur la plus longue accélération du calendrier.

McLaren a également perdu plusieurs pièces nouvelles dans l’accident de Norris. Stella assure que d’autres exemplaires doivent arriver et que l’équipe ne devrait pas manquer de composants pour la Malaisie.

Le développement bascule vers 2027

La marge de réaction immédiate reste limitée. McLaren continuera d’apporter en piste des éléments validés au cours des dernières semaines, mais l’effort de développement de l’usine est désormais concentré sur la voiture 2027. Le déficit de traînée observé à Bakou doit donc être traité à deux horizons.

À court terme, l’équipe peut travailler sur les réglages, les rapports, la cartographie et la fiabilité d’exploitation du groupe propulseur. À plus long terme, elle doit intégrer la leçon à l’architecture aérodynamique de la prochaine monoplace, sans sacrifier les qualités déjà montrées dans les virages.

Sepang fournira un test différent. Le circuit malaisien comporte deux longues lignes droites, mais aussi des courbes rapides et des enchaînements où l’appui compte davantage qu’à Bakou. McLaren estime que ses caractéristiques devraient mieux convenir à la MCL40.

L’enjeu ne sera pas seulement de retrouver les points. Si la voiture reste exposée dans les lignes droites malgré un tracé plus équilibré, le diagnostic de Bakou prendra une portée structurelle. Si elle redevient compétitive, McLaren pourra considérer l’Azerbaïdjan comme un révélateur sévère d’un compromis spécifique plutôt que comme le début d’un recul général.

Sources

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Sources : www.mclaren.com · www.formula1.com · www.formula1.com

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