Mercedes change chaque semaine des messages codés destinés à préparer ses pilotes à une éventuelle neutralisation, un dispositif qui a contribué à rendre possible l’arrêt décisif de Kimi Antonelli lors du Grand Prix d’Espagne à Madrid.
Photo de couverture : Kimi Antonelli au volant de la Mercedes W17 pendant les qualifications du Grand Prix de Chine, le 14 mars 2026. Photo d’archive ; elle ne montre ni Madrid ni l’arrêt sous VSC. © Liauzh / Wikimedia Commons — CC BY 4.0. Recadrage central fidèle, redimensionnement et compression WebP ; aucune retouche du sujet.
Le timing de la Voiture de Sécurité Virtuelle avait offert à Antonelli un arrêt moins coûteux que celui de Lando Norris, alors leader. L’explication donnée le 17 septembre par Andrew Shovlin, directeur de l’ingénierie en piste de Mercedes, montre cependant que l’équipe n’a pas attendu l’affichage de la VSC pour agir : le pilote, son ingénieur Peter Bonnington, le muret et les mécaniciens s’étaient déjà préparés à cette possibilité.
Une seconde gagnée avant même la VSC
Lorsque l’Aston Martin de Lance Stroll s’est immobilisée, un drapeau jaune a été présenté dans la zone des virages 19 et 20. Bonnington a immédiatement averti Antonelli. L’Italien a fortement levé le pied, puis a retardé sa remise des gaz alors que la portion suivante était de nouveau sous drapeau vert.
Ce ralentissement avait un objectif stratégique : retarder son arrivée à l’entrée des stands dans l’espoir que la direction de course neutralise l’épreuve avant qu’il ne soit trop tard. Shovlin estime qu’Antonelli a ainsi acheté environ une seconde supplémentaire. Le pilote aurait peut-être encore pu plonger dans la voie des stands sans cette marge, mais elle a rendu la réaction collective nettement plus réalisable.
Mercedes ne présente pas cette manœuvre comme une prédiction certaine. Au moment du premier drapeau jaune, personne ne savait encore si un simple dégagement rapide suffirait ou si une VSC serait nécessaire. L’équipe a donc créé du temps pour garder l’option ouverte.
Un vocabulaire que les rivaux ne doivent pas décoder
Dans le neuvième épisode du Nu Silver Arrows Radio Show, Shovlin explique que Mercedes utilise des codes pour informer ses pilotes de leur situation stratégique sans dévoiler son intention aux autres écuries, qui écoutent elles aussi les communications radio. Ce vocabulaire est renouvelé à chaque Grand Prix.
Les échanges publics de Madrid contiennent plusieurs messages très courts : l’avertissement concernant le jaune, la demande de lever fortement le pied, puis l’indication qu’Antonelli se trouvait dans la « fenêtre Safety Car ». Il n’est toutefois pas établi lequel de ces messages constituait précisément le code évoqué par Shovlin. Affirmer davantage reviendrait à deviner une partie de la procédure que Mercedes a justement choisi de ne pas révéler.



