Yuki Tsunoda estime que sa principale erreur chez Red Bull en 2025 n’a pas été de chercher à imiter le pilotage de Max Verstappen, mais d’avoir voulu reproduire ses réglages au lieu de préserver une configuration adaptée à ses propres sensations.
Photo de couverture : Yuki Tsunoda dans la tenue Red Bull lors du Melbourne Walk du Grand Prix d’Australie, le 8 mars 2026. Photo d’archive ; elle ne montre ni l’entretien ni son retour au volant de Racing Bulls. © Yu Chu Chin / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0. Recadrage fidèle, redimensionnement et compression WebP ; aucune retouche du sujet. Cette version reste distribuée sous la même licence.
Le Japonais a dressé ce bilan dans le podcast officiel Beyond The Grid, alors qu’un remplacement inattendu lui a permis de retrouver la compétition cette saison. Réserve de Red Bull après la perte de son baquet, il a disputé trois Grands Prix avec Racing Bulls pendant que Liam Lawson remplaçait Isack Hadjar, blessé au poignet, dans l’équipe principale.
Une référence utile devenue une fausse piste
Tsunoda explique avoir conservé, tout au long de sa carrière, une forte confiance dans son style de pilotage. L’arrivée aux côtés d’un champion du monde comme Verstappen a pourtant créé une situation nouvelle : pour la première fois, il s’est demandé s’il devait modifier certains gestes afin de se rapprocher de la référence de l’équipe.
En étudiant les données, il dit ne pas avoir observé une différence de conduite aussi grande qu’il l’imaginait. Son erreur, avec le recul, aurait surtout été de reprendre les réglages utilisés par Verstappen. Une même monoplace peut demander des solutions différentes selon la manière dont chaque pilote sollicite l’avant, accepte les mouvements de l’arrière ou construit sa confiance au freinage.
Cette distinction est centrale. Les données d’un équipier peuvent révéler où se trouve la performance, mais copier sa configuration ne garantit pas de pouvoir l’exploiter. En cherchant un raccourci vers le niveau de Verstappen, Tsunoda estime avoir perdu une partie de ses propres repères.
Une saison 2025 difficile, sans regret sur l’engagement
Promu chez Red Bull à partir de la troisième manche de 2025, Tsunoda n’a marqué des points que sept fois en 21 Grands Prix avec l’écurie. La comparaison est devenue particulièrement sévère en fin de saison : Verstappen a remporté cinq des huit dernières courses, tandis que son équipier a obtenu comme meilleurs résultats sur cette période une sixième, une septième et une dixième places.
Red Bull a finalement confié le baquet 2026 à Hadjar. Tsunoda reconnaît la déception, mais affirme ne pas avoir ressenti le choc qu’il anticipait au moment de l’annonce. Son explication est simple : il considère avoir fourni tout ce qu’il pouvait pendant cette campagne, même si le résultat ne lui convenait pas.
Le retour chez Racing Bulls change son rapport à la pression
Son intérim 2026 s’est déroulé avec une nouvelle génération de monoplaces et très peu de préparation. À Zandvoort, le format Sprint ne lui a laissé qu’une séance d’essais libres pour prendre ses marques. Il a terminé onzième, puis a marqué un point avec une dixième place à Monza. À Madrid, il s’est classé quatorzième.
Tsunoda assure avoir abordé ces occasions avec moins de pression que par le passé. Le point obtenu à Monza a eu, selon lui, une valeur particulière parce qu’il pouvait de nouveau célébrer un week-end utile avec une équipe. Cette lecture reste celle du pilote ; elle ne garantit ni un quatrième remplacement ni un contrat pour la saison suivante.
La priorité reste un baquet en 2027
À court terme, la décision concernant Bakou dépend de la récupération d’Hadjar. Red Bull prévoit une évaluation puis un test au simulateur avant de confirmer son retour. Tsunoda ne contrôle donc pas la durée de son intérim.
Son objectif déclaré est en revanche sans ambiguïté : retrouver une place de titulaire en Formule 1 en 2027. Les opportunités disponibles sont rares, mais ses trois courses de remplacement lui ont offert des données récentes et un contexte différent pour montrer ce qu’il a appris. Son aveu sur les réglages de Verstappen résume cette évolution : utiliser la référence du quadruple champion sans abandonner les conditions dont il a lui-même besoin pour aller vite.


