Photo d’archive : Carlos Reutemann, au centre, en discussion avec Frank Williams pendant le week-end du Grand Prix des Pays-Bas, à Zandvoort, le 28 août 1981. Elle ne montre pas la finale de Las Vegas. © Hans van Dijk / Anefo / Nationaal Archief / Wikimedia Commons — CC BY-SA 3.0 NL. Recadrage central fidèle en 16:9, redimensionnement, retrait des métadonnées et compression WebP ; version dérivée distribuée sous la même licence.
Le 17 octobre 1981, Nelson Piquet termine cinquième dans le parking du Caesars Palace et devient champion du monde pour un point. Carlos Reutemann, parti en pole avec l’avantage au classement, finit huitième après une course dont les explications techniques restent contradictoires.
La première visite de la Formule 1 à Las Vegas ne ressemble pas encore au spectacle nocturne du Strip. Le championnat s’achève sur un tracé temporaire de 2,26 miles, soit environ 3,64 kilomètres, dessiné entre les barrières de béton du parking de l’hôtel-casino. La F1 vient de perdre Watkins Glen, son ancrage américain historique, et Bernie Ecclestone veut conserver une seconde présence aux États-Unis aux côtés de Long Beach.
Le décor manque de relief, mais l’enjeu est immense. Reutemann arrive avec 49 points, Piquet avec 48. Jacques Laffite reste mathématiquement en course avec 43 points. Tous les trois visent un premier titre mondial.
Reutemann place la Williams en position idéale
La pole revient à Reutemann en 1 min 17 s 821. Le pilote Williams devance son équipier Alan Jones de 0,415 seconde et laisse Piquet au quatrième rang, derrière la Ferrari de Gilles Villeneuve. Sur le papier, l’Argentin possède la meilleure combinaison possible : la voiture la plus rapide du week-end, la première place sur la grille et un point d’avance au championnat.
Piquet, lui, arrive diminué. Le sens antihoraire et l’enchaînement des virages à gauche sollicitent son cou et son dos d’une façon inhabituelle. Le compte rendu contemporain de Motor Sport rapporte qu’un masseur habitué aux boxeurs aggrave ses douleurs au lieu de les calmer. Le Brésilien manque la séance du vendredi matin, puis force pour signer le quatrième temps l’après-midi.
Rien ne garantit alors qu’il pourra tenir 75 tours. Pour devenir champion, il doit surtout finir devant Reutemann ou marquer assez de points selon la place de son rival. Le titre ne demande pas une victoire spectaculaire : il exige une course de survie parfaitement calculée.
Jones s’échappe, les deux prétendants reculent
Au départ, Jones prend immédiatement les commandes. Le champion 1980 dispute sa dernière course complète avec Williams et ne laisse aucune place aux calculs d’équipe. Il mène les 75 tours et gagne en 1 h 44 min 09 s 077, avec 20,050 secondes d’avance sur Alain Prost. Bruno Giacomelli complète le podium à 20,430 secondes.
Derrière, la finale change de visage dès le premier tour. Reutemann tombe de la pole à la sixième place. Piquet recule jusqu’au huitième rang. Les deux hommes se retrouvent enfermés dans le même trafic, loin de la lutte pour la victoire.
Piquet reprend progressivement le dessus. Au 17e tour, il dépasse Reutemann au freinage du dernier gauche avant les stands. Le geste est propre et décisif. Le Brésilien remonte ensuite au cinquième rang, la dernière position qui lui rapporte les deux points capables de renverser le championnat.
Reutemann continue de perdre du terrain. Il achève la course huitième, à un tour de Jones, sans marquer. La feuille officielle ne retient qu’un résultat net : Piquet cinquième avec deux points, Reutemann huitième avec zéro.





