Günther Steiner estime que la FIA ne doit pas se charger d’améliorer la compétitivité d’Aston Martin pour convaincre Fernando Alonso de rester en Formule 1, en réponse aux propos tenus une semaine plus tôt par Mohammed Ben Sulayem.
Photo de couverture : Günther Steiner lors du Melbourne Walk du Grand Prix d’Australie, le 7 mars 2026. Photo d’archive ; elle ne montre ni l’émission du Red Flags Podcast ni Mohammed Ben Sulayem. © Yu Chu Chin / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0. Recadrage central fidèle, redimensionnement et compression WebP ; aucune retouche du sujet. Cette version reste distribuée sous la même licence.
La nouvelle prise de parole ne porte pas sur une décision réglementaire annoncée. Elle ouvre un débat sur la frontière entre un mécanisme de rattrapage technique appliqué aux motoristes et une intervention qui semblerait favoriser un pilote ou une équipe en particulier.
Des propos du 11 septembre, une réponse le 18
Le 11 septembre, lors d’un forum organisé à Madrid, le président de la FIA avait expliqué avoir trouvé Alonso très affecté par les performances d’Aston Martin et de Honda. Ben Sulayem avait affirmé que le double champion du monde ne devait pas quitter la discipline à cause de sa situation sportive et qu’il souhaitait discuter avec lui des moyens d’améliorer ses résultats.
Ces déclarations ont été rapportées avant le Grand Prix d’Espagne par plusieurs médias présents, dont RTVE. Elles ne constituaient pas l’annonce d’une aide individuelle. Un porte-parole de la FIA a ensuite précisé à Motorsport.com que le propos renvoyait au système ADUO, le mécanisme d’opportunités supplémentaires de développement et de mise à niveau destiné aux groupes propulseurs en retard.
Le 18 septembre, dans le Red Flags Podcast, Steiner a contesté la manière de présenter cette intervention. Pour l’ancien directeur de Haas, Aston Martin doit résoudre ses propres difficultés et cela « n’est pas le problème de la fédération ». Il prend l’exemple de Cadillac, toujours sans point, pour souligner que plusieurs équipes pourraient invoquer leur manque de compétitivité.
Steiner refuse la notion de mérite sportif garanti
Le désaccord porte aussi sur le mot « mériter ». Steiner juge qu’un champion, aussi important soit-il pour la Formule 1, ne peut pas recevoir la garantie d’un retour au premier plan. Une équipe doit construire sa performance dans le cadre commun, et un pilote choisit de continuer ou non selon les possibilités dont il dispose.
Son argument ne nie pas la stature d’Alonso ni l’intérêt de conserver un double champion sur la grille. Il vise plutôt le rôle du régulateur : la FIA fixe et applique les règles, tandis que l’écurie et son motoriste restent responsables de leur exécution sportive.
L’ADUO au centre du vrai débat
Honda bénéficie déjà d’opportunités supplémentaires de développement et d’une marge budgétaire additionnelle accordées dans le cadre du mécanisme ADUO. Le motoriste japonais a réuni tardivement une nouvelle structure après son retour sur sa décision de quitter la F1 et son groupe propulseur 2026 demeure en retrait en puissance, en masse et en fiabilité selon les informations techniques disponibles.
Le fonctionnement du mécanisme doit être rediscuté après la saison. Toto Wolff a déclaré le 17 septembre qu’une adaptation des règles pouvait être légitime afin d’aider un constructeur à rattraper son retard. Laurent Mekies a lui aussi rappelé que les équipes avaient déjà soutenu une modification du dispositif lorsqu’elle servait l’intérêt général du championnat.
Cette position n’efface pas la critique de Steiner. Elle distingue une règle mesurable et accessible selon des critères établis d’une aide présentée comme le moyen de retenir un pilote précis. Aucune nouvelle exemption spécifique pour Alonso, Aston Martin ou Honda n’a été annoncée à ce stade.
Alonso reste maître de sa décision
Le contrat du pilote espagnol arrive à son terme à la fin de 2026 et son avenir nourrit les spéculations. Les propos publics de Ben Sulayem montrent que la FIA souhaite le voir poursuivre, mais ils ne remplacent ni une décision d’Alonso ni un accord avec une équipe.
La réponse de Steiner transforme donc une discussion personnelle en question de gouvernance : jusqu’où un régulateur peut-il agir pour resserrer la hiérarchie sans créer l’impression qu’il choisit les bénéficiaires ? La réponse concrète dépendra du prochain cadre ADUO et des critères qui seront adoptés, pas des déclarations seules.


