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Suzuka 2005 : Räikkönen, 17e au départ, arrache la victoire au dernier tour

par F1 News · 25 septembre 2026
Suzuka 2005 : Räikkönen, 17e au départ, arrache la victoire au dernier tour

Photo d’archive : Kimi Räikkönen au volant de la McLaren MP4-20 lors du Grand Prix des États-Unis 2005 ; cette image ne montre pas Suzuka. © Jeff Wunrow / Wikimedia Commons — CC BY 2.0. Recadrage central fidèle au format 16:9, redimensionnement, retrait des métadonnées et compression WebP.

Parti 17e à Suzuka le 9 octobre 2005, Kimi Räikkönen a dépassé Giancarlo Fisichella dans le dernier tour pour conclure l’une des remontées les plus spectaculaires de l’histoire moderne de la Formule 1.

Le résultat tient en une ligne : Räikkönen vainqueur après 53 tours, avec 1,633 seconde d’avance sur Fisichella et 17,456 secondes sur Fernando Alonso. Mais cette classification ne raconte pas le paradoxe de la journée. McLaren a signé un succès individuel retentissant alors que Renault a repris l’avantage dans le championnat des constructeurs. Le titre pilotes, lui, était déjà joué.

Ce Grand Prix du Japon n’était donc pas un duel classique pour une couronne. Alonso avait été sacré lors de la manche précédente au Brésil. Räikkönen n’avait plus à défendre une chance mathématique au championnat, mais McLaren arrivait au Japon avec deux points d’avance sur Renault chez les constructeurs. Suzuka allait opposer la vitesse pure de la MP4-20 à l’efficacité collective de l’équipe française.

Une grille bouleversée par une averse

Le format de qualification 2005 ne laissait qu’un tour lancé à chaque pilote, dans l’ordre inverse du résultat de la course précédente. Ce système avait déjà une part de loterie ; la météo l’a transformé en piège. La pluie s’est intensifiée au moment où les principaux prétendants prenaient la piste.

Ralf Schumacher a profité d’une fenêtre plus favorable pour offrir à Toyota la pole position à domicile. Jenson Button a placé la BAR-Honda en première ligne. Derrière eux, l’ordre habituel a éclaté : Michael Schumacher s’est retrouvé 14e, Alonso 16e, Räikkönen 17e et Juan Pablo Montoya 18e sans temps enregistré.

Pour Räikkönen, le handicap dépassait la simple longueur de la remontée. Suzuka est un circuit où les enchaînements rapides récompensent l’équilibre aérodynamique mais où dépasser reste difficile lorsque les voitures circulent dans l’air perturbé. La McLaren disposait du rythme nécessaire ; encore fallait-il traverser le peloton sans incident et conserver une stratégie capable de ramener le Finlandais au contact des leaders.

Un départ qui réduit aussitôt les marges

Le premier tour a rappelé la fragilité de ce plan. Takuma Sato et Rubens Barrichello sont sortis au premier virage. Plus loin, Jacques Villeneuve a poussé Montoya dans l’herbe à l’approche de la ligne droite. La McLaren du Colombien a heurté les protections, provoquant l’intervention de la voiture de sécurité. Villeneuve recevra ensuite une pénalité de 25 secondes.

La neutralisation a resserré le groupe, mais elle n’a pas effacé les positions à reprendre. Räikkönen devait encore convertir sa vitesse en dépassements. Il l’a fait progressivement, sans transformer la course en charge désordonnée. La hiérarchie se recomposait aussi autour de lui : les voitures parties devant n’avaient ni le même rythme ni les mêmes fenêtres d’arrêt, tandis qu’Alonso remontait depuis la 16e place.

Le champion nouvellement couronné a produit l’autre image forte de la course. Au 19e tour, Alonso a dépassé Michael Schumacher par l’extérieur dans le 130R. Le geste était spectaculaire, mais il avait aussi une valeur sportive immédiate : Renault devait placer ses deux voitures le plus haut possible pour reprendre l’ascendant sur McLaren.

La stratégie remet Räikkönen dans la lutte

Les arrêts aux stands ont ensuite déplacé le centre de la course. Alonso avait gagné du terrain en piste, mais Michael Schumacher et Räikkönen l’ont devancé au fil de la première séquence de ravitaillements. Les deux poursuivants ont ensuite dépassé la Ferrari, Räikkönen choisissant l’extérieur à l’entrée du premier virage.

Cette manœuvre annonçait déjà celle qui déciderait la victoire. Elle montrait surtout que le Finlandais ne dépendait plus seulement des arrêts : sa McLaren pouvait attaquer au freinage après la longue pleine charge. La voiture conservait assez de stabilité pour soutenir une trajectoire extérieure, à condition de préparer la sortie et d’obtenir l’espace nécessaire.

À mesure que les relais s’allongeaient, les candidats au succès se réduisaient. Fisichella portait les espoirs de Renault, tandis que Räikkönen exploitait le rythme de la MP4-20. Alonso revenait également, mais le duel final se dessinait entre l’Italien et le Finlandais. Le classement des constructeurs renforçait chaque décision : une victoire de McLaren ne suffisait pas si Renault plaçait ses deux voitures sur le podium.

Huit tours pour effacer cinq secondes

Räikkönen a effectué son deuxième arrêt au 45e des 53 tours alors qu’il menait. Il est ressorti deuxième, environ cinq secondes derrière Fisichella. Il ne restait plus le temps de ménager les pneus ou d’attendre une erreur stratégique. La poursuite devait se jouer en piste.

L’écart a diminué tour après tour. Fisichella défendait une victoire importante pour Renault ; Räikkönen devait revenir assez près avant la longue ligne droite, puis choisir son attaque sans compromettre la traction vers le premier virage. Au passage sur la ligne lançant le dernier tour, la McLaren était au contact.

Fisichella a couvert l’intérieur. Räikkönen a brièvement suivi le mouvement avant de déplacer sa voiture vers la gauche et de maintenir l’accélération. Les deux monoplaces ont abordé le premier virage côte à côte, la McLaren à l’extérieur. Le Finlandais a complété le dépassement et pris la tête à moins d’un tour de l’arrivée.

Il ne s’agissait pas d’une victoire acquise par abandon tardif, ni d’une inversion décidée aux stands. Le pilote parti 17e avait rattrapé le leader puis l’avait dépassé en piste dans la dernière boucle. Fisichella a terminé à 1,633 seconde ; Alonso a complété le podium, plus de quinze secondes derrière son équipier.

McLaren gagne la course, Renault le calcul

Ron Dennis, qui avait dirigé McLaren lors des succès d’Ayrton Senna, Alain Prost et Mika Häkkinen, a présenté cette performance comme l’une des plus grandes victoires de l’équipe et probablement la meilleure course de Räikkönen. Son émotion s’expliquait par la combinaison rare du rythme, de la remontée et du moment choisi pour l’attaque finale.

Pourtant, le bilan du championnat était moins favorable à McLaren. Montoya avait abandonné dès le premier tour, tandis que Renault plaçait Fisichella deuxième et Alonso troisième. Malgré la victoire de Räikkönen, l’équipe française a marqué davantage de points au Japon et repris la tête du classement des constructeurs.

La manche finale en Chine a confirmé cette bascule. Renault a terminé la saison avec 191 points, contre 182 pour McLaren. Suzuka n’a donc pas sauvé le titre des constructeurs ; la course a plutôt condensé les forces et les faiblesses de la saison 2005. McLaren possédait une voiture capable de produire des performances saisissantes, mais Renault a mieux converti l’ensemble de sa campagne en titres.

Pourquoi Suzuka 2005 résiste au temps

La course ne se résume pas à la statistique d’une victoire depuis la 17e place. Son intérêt vient de la façon dont chaque couche du week-end a renforcé la suivante : qualification bouleversée par la pluie, prétendants relégués au fond de la grille, accident de Montoya, remontées parallèles d’Alonso et Räikkönen, bataille stratégique, puis dépassement décisif au dernier tour.

Elle rappelle aussi qu’un Grand Prix peut consacrer deux lectures différentes. Räikkönen a été le héros de la journée, mais Renault en a tiré l’avantage décisif pour le championnat. L’exploit individuel n’a pas effacé la logique d’une saison entière.

Vingt et un ans plus tard, la scène du premier virage conserve sa force parce qu’elle est vérifiable sans être embellie : un pilote parti 17e, huit tours pour combler environ cinq secondes après son dernier arrêt, et une attaque par l’extérieur lorsque toute autre occasion aurait probablement disparu avec le drapeau à damier.

Sources

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Sources : www.formula1.com · www.formula1.com · www.mclaren.com · www.formula1.com · www.formula1.com

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