Photo d’archive : Ayrton Senna dans sa McLaren MP4/6 au Grand Prix des États-Unis, à Phoenix, le 10 mars 1991. Cette photo ne montre ni la course d’Interlagos ni la panne de boîte de vitesses. © Stuart Seeger, via Wikimedia Commons · CC BY 2.0. Recadrage fidèle, redimensionnement et compression WebP.
Le 24 mars 1991, Ayrton Senna remporte enfin son Grand Prix national. Sa McLaren termine pourtant avec la seule sixième vitesse utilisable.
À Interlagos, le drapeau à damier arrête la remontée de Riccardo Patrese : 2,991 secondes séparent la McLaren-Honda de la Williams-Renault après 71 tours. Gerhard Berger complète le podium, à 5,416 secondes de son coéquipier. Le résultat est serré ; les derniers kilomètres ont surtout obligé Senna à réapprendre à conduire une voiture qui perdait ses rapports.
Sept tentatives sans gagner au Brésil
Senna arrive pourtant en position de force. Il a gagné l’ouverture de la saison à Phoenix, avec le nouveau V12 Honda qui succède au V10. Mais son palmarès à domicile reste vide : sept participations au Grand Prix du Brésil, quatre poles et aucune victoire. En 1990, une collision en dépassant un retardataire lui a encore coûté sa chance.
La pole de 1991 lui offre une nouvelle occasion, sans le mettre à l’abri de Nigel Mansell. Le pilote Williams reste une menace directe pendant la course. Dans son récit rétrospectif pour Formula 1, le journaliste David Tremayne décrit notamment l’avantage pris par McLaren lors des arrêts : celui de Mansell dure 14,6 secondes, contre 6,93 pour Senna au tour suivant. Au 28e passage, le Brésilien compte 7,26 secondes d’avance.
Cette marge ne tient pas. Mansell revient à 2,970 secondes au 42e tour, avant qu’une crevaison ne l’oblige à s’arrêter de nouveau. Sa transmission finit ensuite par le trahir. Senna est débarrassé de ce poursuivant, mais sa propre boîte de vitesses se dégrade déjà.





