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Mexico 1964 : le titre de Surtees s’est joué derrière le vainqueur

Une Lotus privée d’huile, Hill retardé et Bandini qui s’efface : retour sur la finale qui a sacré John Surtees avec un seul point d’avance.

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Mexico 1964 : le titre de Surtees s’est joué derrière le vainqueur

Photo d’archive : Ferrari 158 de 1964 présentée à l’arrêt, photographiée le 5 juillet 2006. Cette voiture rouge illustre le modèle ; elle ne montre ni la course de Mexico ni la livrée bleu et blanc du titre. © Tim Dobbelaere / Wikimedia Commons — CC BY-SA 2.0. Redimensionnement et compression WebP ; aucune retouche du sujet. Cette version est distribuée sous la même licence.

Le 25 octobre 1964, John Surtees devient champion du monde à Mexico sans gagner la course : une fuite d’huile chez Lotus et un échange de positions entre Ferrari font basculer la finale.

Le classement final tient en un point : 40 pour Surtees, 39 pour Graham Hill. Mais cette marge ne raconte pas à elle seule une course dans laquelle trois Britanniques pouvaient encore repartir avec le titre. Jim Clark domine longtemps devant ; Hill voit ses chances compromises dans le trafic ; Surtees doit attendre une ouverture qui semble ne plus devoir venir.

Une Ferrari revenue de loin

Surtees n’aborde pas cette saison comme un débutant à former. Déjà champion du monde à moto, il a découvert la Formule 1 en 1960 avant de rejoindre Ferrari en 1963. Cette première année à Maranello lui apporte une victoire au Nürburgring. En 1964, il y gagne encore, puis s’impose à Monza : deux succès qui maintiennent son nom dans la course au championnat.

Le redressement est considérable. À mi-saison, Clark possède 30 points, Surtees seulement 10. La série de problèmes de fiabilité du pilote Lotus rouvre ensuite la lutte. Avant Mexico, Hill mène avec 39 points, devant Surtees à 34 et Clark à 30. Le dernier rendez-vous doit départager trois trajectoires très différentes.

Pourquoi la Ferrari du titre n’est pas rouge

À Mexico, Surtees pilote sa Ferrari 158 sous les couleurs bleu et blanc du North American Racing Team. Cette singularité vient d’un conflit d’homologation en voitures de sport, autour de la 250 LM, entre Enzo Ferrari et les instances sportives. Le différend déborde sur l’engagement de la Scuderia.

Les deux dernières manches sont disputées sous la bannière du NART de Luigi Chinetti, importateur Ferrari en Amérique du Nord. Les voitures ne cessent pas d’être des Ferrari : leur engagement et leurs couleurs changent. Surtees a déjà terminé deuxième ainsi à Watkins Glen. La finale mexicaine prolonge cette parenthèse, sans transformer la lutte pour le titre en une autre aventure technique.

Clark devant, Hill pris dans l’accrochage

La grille place Clark en pole, Surtees quatrième et Hill sixième. Le tracé de l’époque mesure cinq kilomètres et la course compte 65 tours : il ne faut pas le confondre avec la configuration actuelle de Mexico. Dan Gurney, sur Brabham-Climax, accompagne Clark en première ligne.

Clark mène les 63 premiers tours. Derrière, Hill et Lorenzo Bandini se disputent une position lorsqu’un contact compromet la course du pilote BRM. Hill est retardé et ses échappements sont endommagés. Surtees peut progresser, mais tant que Clark conserve la tête, le championnat reste hors de sa portée. La disparition d’un adversaire direct ne suffit donc pas à lui donner le titre.

Deux tours pour changer le championnat

Une fuite d’huile finit par arrêter la Lotus de Clark à l’approche de l’arrivée. Gurney prend la tête pour les deux derniers tours et gagne. Bandini laisse alors passer Surtees : la deuxième place vaut six points au Britannique, contre quatre pour la troisième. Cet échange fait toute la différence dans le calcul du titre.

Le classement officiel conserve Clark cinquième avec 64 tours accomplis et deux points, bien qu’il n’ait pas terminé. Hill apparaît onzième, sans point. Surtees, lui, franchit l’arrivée derrière Gurney et devant Bandini. Le vainqueur du Grand Prix et le champion du monde sont deux hommes différents.

Le poids des résultats décomptés

En 1964, seuls les six meilleurs résultats de chaque pilote sont retenus pour le championnat. Additionner toutes les places obtenues sur l’année ne permet donc pas de retrouver directement le classement officiel. Hill a marqué davantage de points bruts, mais les décomptes le laissent à 39 ; Surtees atteint 40. Clark termine troisième du championnat avec 32 points.

Ce titre complète les couronnes mondiales remportées par Surtees à moto. Il reste le seul pilote champion du monde dans les deux disciplines. Mexico lui apportera encore une victoire en 1966, cette fois au volant d’une Cooper-Maserati, après sa séparation avec Ferrari.

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