Rafael Câmara n’est plus qu’à sept points de Nikola Tsolov en Formule 2, tandis que Gabriel Bortoleto marque déjà pour Audi en F1 et que Pedro Clerot vient d’achever sa première saison de F3 par une victoire et un podium à Madrid.
Photo de couverture : Rafael Câmara au volant de l’Invicta numéro 1 lors de la manche de Formule 2 en Autriche, le 26 juin 2026. Photo d’archive ; elle ne montre pas Madrid ni une épreuve de Formule 1. © Lukas Raich / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0. Recadrage central fidèle, redimensionnement et compression WebP ; aucune retouche du sujet. Cette version reste distribuée sous la même licence.
Ces trois trajectoires ne garantissent pas l’arrivée simultanée de plusieurs Brésiliens au sommet. Elles dessinent toutefois une continuité qui manquait depuis plusieurs saisons : un pilote installé sur la grille et deux jeunes capables de gagner dans les catégories qui précèdent directement la Formule 1.
Câmara relance le championnat F2
Après la manche de Madrid, le classement officiel de Formule 2 place Nikola Tsolov en tête avec 177 points et Rafael Câmara deuxième avec 170. L’écart de sept unités laisse le titre entièrement ouvert avant Bakou, puis les rendez-vous de fin de saison au Qatar et à Abou Dhabi.
Le Brésilien ne s’est pas contenté d’une progression tardive. Champion de Formule 3 en 2025, il a rejoint Invicta Racing pour sa première saison en F2 et a déjà gagné des courses principales, notamment à Barcelone et à Spa-Francorchamps. Son appartenance à la Ferrari Driver Academy depuis 2022 donne à ses résultats une visibilité directe auprès d’une structure de F1.
Madrid n’a pourtant pas été un week-end parfait. Câmara a dû gérer une séance de qualification perturbée par le manque de roulage et a terminé la course Sprint à la sixième place. Il a néanmoins limité les dégâts pendant que Tsolov ne marquait pas, puis a ajouté un point lors de la course principale. Le championnat s’est ainsi resserré sans qu’un seul résultat spectaculaire ne résume la tendance.
Parler déjà d’un volant en F1 pour 2027 reste une projection. Les places disponibles, les contrats et les intérêts des académies comptent autant que le classement. Le titre F2 renforcerait considérablement son dossier, mais il ne créerait pas automatiquement une promotion.
Clerot termine sa saison de rookie en forte hausse
Pedro Clerot a refermé sa première campagne complète de Formule 3 au sixième rang avec 88 points. À Madrid, le pilote Rodin Motorsport a remporté la première course principale après avoir pris la tête dès le départ, puis a ajouté une troisième place lors de la seconde épreuve.
Cette victoire était sa première en FIA F3. Dans l’entretien publié par le championnat après la finale, Clerot a décrit le week-end comme la démonstration du rythme que son équipe estimait posséder depuis le début de l’année. Il termine avec cinq podiums, mais reconnaît lui-même que la sixième place ne reflète pas totalement le potentiel entrevu.
Son bilan doit rester lu à l’échelle d’une saison d’apprentissage. Clerot n’a pas joué le titre remporté par Ugo Ugochukwu et n’est pas encore aux portes immédiates de la F1. En revanche, gagner et monter deux fois sur le podium lors du dernier rendez-vous fournit un point de départ crédible pour la suite de son parcours.
Bortoleto offre déjà un repère au plus haut niveau
Gabriel Bortoleto représente l’étape supérieure de cette filière. Le pilote Audi occupe la quatorzième place du championnat de F1 avec 10 points, devant son équipier Nico Hülkenberg, crédité de 7 unités. Sa présence a remis un Brésilien à temps plein sur la grille après plusieurs années d’absence.
Son rôle dépasse la comparaison directe des résultats. Champion de F3 en 2023 puis de F2 en 2024, Bortoleto montre qu’un parcours rapide dans les formules de promotion peut déboucher sur un projet constructeur. Audi l’avait recruté en soulignant précisément ce changement de génération et la complémentarité entre sa jeunesse et l’expérience de Hülkenberg.
Les trajectoires de Câmara et Clerot ne reproduiront pas nécessairement ce calendrier. Elles disposent néanmoins d’un exemple récent, dans le même environnement national, de la manière dont les performances en catégories juniors peuvent être converties en occasion de F1.
Un réseau commun, sans raccourci automatique
Dans une analyse publiée le 18 septembre par UOL, la journaliste Julianne Cerasoli parle de « Brazilian Storm » pour rapprocher ces trois parcours. Elle identifie aussi Roberto Streit comme un lien discret entre eux : l’ancien pilote travaille notamment comme coach de performance de Bortoleto et accompagne plusieurs jeunes Brésiliens, dont Câmara et Clerot.
Ce réseau peut aider à structurer la préparation, les décisions de carrière et l’adaptation à la pression. Il ne remplace toutefois ni les budgets nécessaires aux formules de promotion, ni les résultats, ni les choix des équipes. Le Brésil possède aujourd’hui une génération visible ; il ne possède pas encore la garantie de plusieurs futurs titulaires en F1.
Le prochain indicateur concret sera donc sportif. Câmara doit convertir son retour à sept points en lutte pour le titre F2, tandis que Clerot devra confirmer son week-end madrilène dans la prochaine étape de sa carrière. Bortoleto, lui, poursuit son apprentissage chez Audi avec un avantage comptable sur son équipier. Ensemble, ces résultats permettent de parler d’une filière en reconstruction, à condition de ne pas transformer une dynamique prometteuse en certitude.
Sources
- UOL — analyse de la nouvelle génération brésilienne et rôle de Roberto Streit, 18 septembre 2026
- FIA Formula 2 — classement pilotes 2026
- FIA Formula 3 — classement pilotes 2026
- FIA Formula 3 — bilan de Pedro Clerot après Madrid
- Ferrari Driver Academy — parcours de Rafael Câmara et passage en F2
- Formula 1 — classement pilotes 2026


