Photo de couverture : Fernando Alonso avec l’Aston Martin AMR26 lors des essais libres du Grand Prix de Chine, le 13 mars 2026. Photo d’archive ; elle ne montre pas les réglages testés à Madrid. © Liauzh / Wikimedia Commons — CC BY 4.0. Redimensionnement et compression WebP ; aucune retouche du sujet.
Après trois Grands Prix consacrés à rendre son moteur Spec 2 plus facile à exploiter, Honda estime pouvoir déplacer une partie de ses efforts vers la performance pure. Les changements de calibration essayés avec Fernando Alonso à Madrid ont donné des signaux encourageants, sans masquer les difficultés sportives encore rencontrées par Aston Martin.
Trois courses pour apprivoiser le Spec 2
Honda avait introduit une deuxième spécification de son groupe propulseur à Zandvoort. Depuis, le motoriste japonais a surtout travaillé sur la maniabilité : la façon dont la puissance est délivrée et utilisée par le pilote, plutôt que le seul chiffre de puissance maximale.
Shintaro Orihara, responsable de l’ingénierie moteur en piste chez Honda, explique que les trois dernières courses ont permis d’avancer sur ce point. Selon lui, la situation est désormais assez stable pour que l’équipe se concentre davantage sur l’extraction de performance.
Alonso a testé plusieurs réglages à Madrid
Lors du Grand Prix d’Espagne à Madrid, Fernando Alonso a essayé différentes configurations moteur et stratégies de déploiement de l’énergie. Honda a aussi modifié ses calibrations. Les données recueillies ont confirmé une amélioration de la réponse du groupe propulseur, d’après les propos d’Orihara relayés après la course.
Cette étape ne signifie pas que le déficit de puissance est effacé. Elle indique plutôt que les ingénieurs pensent avoir réduit une contrainte qui compliquait l’exploitation de la monoplace. Une délivrance plus progressive peut aider le pilote et préserver les pneus, mais elle ne garantit pas à elle seule un gain immédiat dans la hiérarchie.
Un résultat qui rappelle l’ampleur du chantier
Le week-end madrilène reste difficile pour Aston Martin. Alonso a terminé 17e, à deux tours du vainqueur, tandis que Lance Stroll a abandonné après un problème de pédale. Le Canadien avait également subi une lourde pénalité sur la grille à la suite d’un changement d’éléments moteur et n’avait pas enregistré de temps en qualifications en raison d’un souci de pression d’eau.
Le contraste est donc net entre le progrès technique revendiqué et le résultat brut. Honda parle d’une meilleure base de travail, pas d’un retournement de performance déjà visible en course.
Bakou comme prochain révélateur
Le prochain rendez-vous à Bakou constituera un test particulièrement exigeant. Sa très longue portion à pleine charge, d’environ 2,2 kilomètres, mettra à l’épreuve la puissance, le déploiement électrique et la fiabilité du groupe propulseur.
Pour Honda et Aston Martin, l’enjeu sera de vérifier si les progrès de maniabilité observés à Madrid permettent réellement de chercher davantage de performance sans compromettre la robustesse. Le discours d’Orihara marque un changement de priorité ; la piste devra encore en mesurer les effets.


